
Ils nous réveillent la nuit, nous piquent, provoquent des boutons qui démangent et peuvent même transmettent des maladies potentiellement mortelles.
Mais qui sont-ils vraiment ?
En France, il existe environ 65 espèces de moustiques différentes – dont une quinzaine peuvent piquer l’homme –, appartenant à trois grandes familles : les Culex sont les plus courants, avec comme représentant le plus connu Culex pipiens ou moustique commun. Présents en ville comme à la campagne, ils sont surtout actifs à la tombée du jour et pendant la nuit.
Les Aedes sont de plus en plus présents dans le pays, notamment avec le moustique tigre (Aedes albopictus), arrivé en territoire métropolitain en 2004.
Ils vivent surtout dans les milieux urbains, sont actifs de jour comme de nuit.
Les anophèles, eux, vivent dans les zones humides (marais, rizières), en Camargue et en Corse principalement, et sont surtout actifs à l’aube et au crépuscule.
Des piqûres aux conséquences parfois graves
Pour une majorité d’entre nous, être piqué par des moustiques signifie surtout avoir des boutons qui démangent.
Cela est dû à l’histamine, une protéine anti-inflammatoire libérée par notre organisme qui, en quelque sorte, chatouille les terminaisons nerveuses.
La réaction peut être sévère chez les enfants ou certaines personnes au terrain allergique, mais, en général, la démangeaison disparaît de 10 à 15 minutes après la piqûre.
Si ce n’est pas le cas, on peut essayer d’apaiser la sensation avec de l’eau froide ou un glaçon, en frottant une feuille de plantain, qui contient naturellement des antihistaminiques, un coton imbibé de bicarbonate de soude dilué ou avec de la pommade contre les piqûres d’insectes.
Et si, malgré tout, on se gratte beaucoup, alors il faut veiller à ce que les boutons ne s’infectent pas en se lavant régulièrement les mains et en désinfectant les éventuelles plaies dues au grattage.
Mais les conséquences d’une piqûre de moustique sont parfois plus graves.
Ces insectes peuvent transmettre des maladies dites vectorielles, qui peuvent être mortelles.
Le moustique commun peut être porteur du West Nile virus, qui infecte hommes et chevaux, mais cela reste très rare en France : depuis 2000, entre 2 et 27 humains ont été infectés par an, principalement dans le sud du pays.
Vecteurs de virus, de parasites…
Le moustique du genre Aedes est, lui, beaucoup plus menaçant : il peut véhiculer des virus comme ceux du chikungunya, de la dengue, de la fièvre jaune et du Zika.
Dans les départements français de l’océan Indien, le moustique tigre a provoqué une très importante épidémie de chikungunya en 2006.
Sa première installation en métropole a été constatée en 2004 à Menton (06).
Dans les départements français d’Amérique (Guadeloupe, Martinique, Guyane), le moustique Aedes aegypti est à l’origine des principales épidémies de dengue, fièvre jaune, chikungunya et, depuis fin 2015, Zika.
En France métropolitaine, en 2021, 164 cas importés et deux cas autochtones de dengue, trois cas importés de chikungunya et zéro cas de Zika ont été déclarés.
Enfin les anophèles peuvent être vecteurs des parasites responsables du paludisme.
Les deux derniers cas de palu autochtones en métropole datent de 1972 et 2006, en Corse, mais la maladie est encore bien présente en Guyane et à Mayotte. Heureusement, ces maladies graves sont très surveillées et, dans la plupart des cas, bien prises en charge.
Des pièges efficaces, s’ils sont assez nombreux
Que valent les pièges à moustiques que l’on trouve dans le commerce depuis quelques années ?
En septembre 2021, l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) a publié un rapport d’expertise sur le sujet. Résultat : ils sont efficaces… à condition de se coordonner avec ses voisins, voire son village !
Ainsi, écrit l’Anses, les « pondoirs létaux » peuvent contribuer à diminuer significativement les populations de moustiques.
Il s’agit de récipients contenant de l’eau et piégeant les femelles et leurs larves avec des bandes collantes et/ou une grille. Mais, pour qu’ils soient efficaces, il faut les utiliser sur une longue période (au moins trois semaines), les entretenir régulièrement et, surtout, les installer en densité suffisante.
Non seulement, d’un à trois pondoirs létaux sont nécessaires par maison, mais de 60 à 80 % des maisons d’une municipalité doivent être équipées !
Certains pièges sont plus particulièrement destinés aux femelles en recherche d’hôtes : ils émettent du CO2 (imitant la respiration humaine) ou des leurres olfactifs.
Leur efficacité est comparable à celle des pondoirs, avec les mêmes contraintes. Ils doivent en outre obligatoirement disposer d’une autorisation de mise sur le marché pour être commercialisés.
Ne les achetez donc pas à l’étranger.
Dans tous les cas, ces pièges ne remplacent pas les mesures de prévention générale citées au-dessus, et aucun n’a pour l’instant démontré son efficacité à réduire le risque de transmission de maladie vectorielle.
60 millions de consommateurs

